MémoCactus - Teeeerminator gentil terminator, teeeerminator je te terminerai >>>
The Terminator, 1984, de James Cameron.

Les années 80 c'est loin. C'est un autre monde. Je sais pas ce qui est passé par la tête des gens pendant cette décennie :ils ont dû se dire qu'il fallait qu'ils inventent les coiffures les plus aberrantes et les fringues les plus bizarres (cf image ci-dessus !). Bref, venons en au fait : cet opus qui ouvre la saga est carrément cool. Schwarzenegger, dans le rôle qui allait être celui de sa vie, en jette un max quand il arrive du futur, nu comme un ver et bodybuildé (il ne le sera plus jamais à ce point là... ah attendez on me dit dans l'oreillette que dans Conan the barbarian, il est pire. Auant pour moi !) : air impassible, poings serrés, mâchoire contractée, et en avant ! Allons casser de la Sarah Connor !
Pour ceux qui ne connaissent pas : il parait que les humains et les machines vont pas tarder à se mener une guerre d'enfer mais en 1984 on ne le sait pas encore. Par contre, les gens du futur, eux, le savent : l'armée des machines, qui règne désormais sur la planête, a même quelques difficultés à mater la poignée d'irréductibles résistants humains, menés par le charismatique John Connor. Les robots envoient donc l'un des leurs (le Terminator modèle T-800) dans le passé pour tuer la femme (Miss Connor) qui va mettre au monde ce leader de la résistance... habile. Le truc c'est que les humains envoient eux aussi quelqu'un, Kyle Reese, pour défendre Sarah Connor qui pige que couic à ce qui se passe (on la comprend).
Et ça dépote ! Haletant, bien ficelé, marrant même quelquefois, ce Terminator est mythique et c'est normal. L'intrigue autour de l'interdépendance entre passé, présent et futur est fascinante et les personnages humains attachants dans ce monde en bordel, et animés d'un instinct de survie phénoménal (ils ne font que courir du début à la fin, jusqu'à ce que leur ennemi soit détruit de chez détruit). J'aime.
Terminator 2, Le jugement dernier, 1991, de James Cameron.

Les années 80 c'est fini. Sarah Connor a troqué sa choucroute pour un long effilé avec frange. Accessoirement elle est internée dans un asile : elle a dit à tout le monde que la fin du monde arrivait et que les machines avaient envoyé un Terminator du futur pour la tuer. C'en a laissé plus d'un perplexe forcément. Elle prend son mal en patience en faisant des pompes et des tractions histoire de garder la forme (cf image ci-dessus !). John Connor, lui, a bien fini par naître, c'est maintenant un ado de 13 ans placé en famille d'accueil. Une vraie tête brulée qui fonce sur sa mobylette et pirate les cartes de crédit d'autrui, entre autres frasques. Devinez quoi : les machines ne se laissent pas démonter (haha) et envoient un T-1000, un T-800 version acier liquide et polymorphe, pour abattre le gamin. Et les humains, tenez vous bien, envoient un T-800 pour le protéger (le gamin, pas le T-1000). Schwarzy est gentil ! Et ça, bah c'est super marrant comme revirement de situation ! En plus il a trop la classe habillé en motard, assis tranquillement sur une Harley, volant au secours de John, toujours avec cet air impassible.
Un deuxième volet qui est de loin le meilleur des quatre : le plus original, le plus aboutti, le plus drôle aussi. On y trouve les désormais légendaires scènes où John apprend au Terminator à être plus humain en lui inculquant les rudiments de la tchatche : "Non, tu peux pas dire "affirmatif" ! Tu dis... No problemo. Et quand tu vas régler son compte à un mec, tu le regardes dans les yeux et tu dis hasta la vista baby..."
Enorme.
Terminator 3, Le soulèvement des machines, 2003, de Jonathan Mostow.

John est un jeune homme, Sarah est morte, la guerre entre humains et machines ne s'est pas (encore) déclarée. John a un peu la rage d'ailleurs parce que depuis le temps qu'on lui dit qu'il va être le grand manitou de la résistance, il se dit que si la guerre n'éclate pas bah... adieu destinée grandiose. Bon je vous rassure, c'est pas lui qui va faire en sorte que la guerre éclate, faut pas exagérer (quoique... l'idée aurait pu être exploitée !). N'empêche qu'en attendant, il a effacé toute trace de lui dans les papiers de la société pour rendre la tâche plus compliquée aux machines, ce qui est à la fois malin et triste puisque grosso modo il est condamné à se cacher et être seul. Snif.
Mais ne vous inquiétez pas ! Cette année un robot ENCORE PLUS PUISSANT va venir pour faire la peau à ce pauvre John qui se languit ! Et la machine prendra cette fois l'apparence d'une femme. Plus cruelle donc (soi-disant). Mais elle est pas très fute-fute : elle aurait pu utiliser ses charmes pour se rapprocher du jeune homme et lui planter un poignard dans le dos, au lieu de ça elle fait autant dans la finesse que les méchants précédents : grosses voitures, gros camions, et vas-y que je fonce dans le tas, que je décroche pas un mot et que je tire à tout va (sa main EST une arme à feu ! C'est nouveau ça !). Et notre T-800 adoré de débarquer une nouvelle fois à la rescousse, plus motard et amateur de lunettes-qui-en-jettent que jamais. Sa mission a une difficulté de plus puisqu'il doit non seulement veiller sur John mais aussi sur Katherine Brewster, future épouse de John.
Un épisode pas désagréable à regarder mais qui a perdu en finesse psychologique : personnellement je me suis beaucoup moins attachée à ce Connor de 20 ans qu'à sa version en 13 ans. Il est beaucoup moins rock & roll. Dommage. Et Brewster : son fiancé est assassiné au début du film, 24h plus tard elle semble l'avoir totalement oublié. Intéressant.
Terminator Renaissance, 2009, de McG

Contrairement aux trois épisodes précédents, nul retour dans le passé au programme : toute l'action se déroule en plein coeur de la guerre entre humains et machines, dans un monde quasiment réduit à l'état de cendres. John Connor est bien devenu le leader spirituel (il y a des autorités au dessus de lui) de la résistance et apprend que les machines ont dressé une blacklist sur lequel il n'apparait qu'en deuxième. Le premier, c'est Kyle Reese, son père. Mais par le jeu des voyages dans le temps, Kyle a bien quinze ans de moins que John ! Il n'est alors qu'un adolescent opiniâtre, résistant de la première heure, qui veille sur L.A avec comme seule équipe une petite fille muette.
L'arrivée d'un nouveau personnage met du sel dans la soupe : Marcus Wright, condamné à mort en 2005, se "réveille" au milieu de cette guerre sans rien comprendre. Il fait la connaissance de Kyle Reese et sa petite accolyte, et tous trois partent dans l'espoir de trouver John Connor qui "saura quoi faire". Sauf que Marcus a un secret, dont lui-même n'a pas (tout de suite) conscience : il a été modifié par les machines et est désormais mi-homme mi-robot.
Si les personnages du troisième volet me laissait un peu de marbre, les personnages de celui-ci sont nettement plus attachants. Surtout le duo Kyle/Marcus qui fonctionne pas mal. Mention "bof" pour John Connor, guerillero ultra sérieux. Je n'ai retrouvé le "vrai" John Connor que pendant la scène où il tend un piège à un robot-moto : il l'attire en mettant une grosse radio au milieu de la route avec le son à fond, ambiance ! Mais à part là, aucune trace du personnage espiègle et un peu grande gueule du deuxième volet.
RENDEZ MOI JOHN CONNOR !
nb : pour une critique plus détaillée et/ou un autre point de vue, cliquez ICI (accès à la critique de Terminator Salvation par ArchiCactus, publiée juste après la sortie du film en salle).
Bonus - intrusion d'un autre Cactus
*StarCactus* : Je te
terminerai la tête, je te terminerai la tête. Et la tête ? Et la tête...
Avec l'aimable autorisation de Mémo, j'intercale ici quelques opinions personnelles concernant cette série des Terminator.
Je dois bien avouer que je n'ai pas vu le premier volet. J'ai commencé le par le deuxième avec Mémo et, il est vrai, on s'est bien fendu la poire : une histoire alléchante, de l'action, de l'humour parfois fin, parfois moins. Le thème du voyage dans le temps est récurrent en science-fiction, mais la science-fiction perce rarement au niveau du grand public. Vous voyez le hic ? D'un concept assez intellectuel, qui pourrait ravir dans un premier temps les "nerds" et quelques afficionados de l'action (Terminator 1 et 2), on passe à une débauche d'explosions et de poursuites spectaculaires. De plus en plus de show, un humour de moins en moins fin, et une idée qui perd en profondeur.
Evidemment, le changement
systématique de tous les acteurs rend l'accroche difficile. Moi, c'est simple, je n'ai pas réussi à relier les personnages entre eux à travers les films. L'interprétation de Christian Bale
en tant que John IV est si différente de celle de Nick Stahl (John III) qu'il n'y a plus de cohérence scénaristique. J'aimais bien John III, faillible, seul, dépossédé de sa vie et, quelque part,
de ses émotions (que préfère-t-il entre une vie anonyme dans notre monde et une vie de héros dans un monde en ruine ?). John IV, c'est le Rambo des années 2020. Logique.
Enfin, ce Terminator IV ne sert pas à grand chose. L'introduction du futur Jake Sully d'Avatar semble vouloir poser la question de la communion hommes/machines mais aussi celle du camp qu'il va choisir. Et là, je me suis rendu compte que jamais, dans les volets précédents, n'avait été abordée la question du pourquoi de cette guerre : pourquoi les machines ont elles attaqué les hommes ? Il est dit dans Terminator 2 que Skynet accède un jour à la conscience puis attaque les humains. Dans Terminator 3, les hommes confient effectivement à Skynet le contrôle de tout le réseau informatique terrestre ou presque. Immédiatement, c'est la panique et les bombes pêtent dans tous les sens. Oui mais...mais...il lui a pris quoi à Skynet ? Il ne s'agit pas d'une réaction de survie, il n'a pas été attaqué préalablement par les hommes. Non non, c'est une conscience qui, dès son éveil, ne se complait que dans la pulsion meurtrière totale, vicieuse et douloureuse si possible.
Moi, j'aurais bien aimé l'apparition d'une simple question (et pas forcément la réponse) : les hommes méritaient-ils de rester les maîtres de la planète ? Skynet, au fond, n'a-t-il pas découvert que c'est son existence à lui qui est la plus légitime ? Ne cherche-t-il pas à construire un monde meilleur en détruisant la race humaine ? Bien que les robots glissent d'atrocité en atrocité, ne pourraient-ils pas être les "gentils" de l'histoire ?
Aller, je rend
l'antenne.
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