Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 18:48

MémoCactus - Teeeerminator gentil terminator, teeeerminator je te terminerai >>>

 

The Terminator, 1984, de James Cameron.

 

terminator-1.jpgsarah connor 80s

 

     Les années 80 c'est loin. C'est un autre monde. Je sais pas ce qui est passé par la tête des gens pendant cette décennie :ils ont dû se dire qu'il fallait qu'ils inventent les coiffures les plus aberrantes et les fringues les plus bizarres (cf image ci-dessus !). Bref, venons en au fait : cet opus qui ouvre la saga est carrément cool. Schwarzenegger, dans le rôle qui allait être celui de sa vie, en jette un max quand il arrive du futur, nu comme un ver et bodybuildé (il ne le sera plus jamais à ce point là... ah attendez on me dit dans l'oreillette que dans Conan the barbarian, il est pire. Auant pour moi !) : air impassible, poings serrés, mâchoire contractée, et en avant ! Allons casser de la Sarah Connor !

     Pour ceux qui ne connaissent pas : il parait que les humains et les machines vont pas tarder à se mener une guerre d'enfer mais en 1984 on ne le sait pas encore. Par contre, les gens du futur, eux, le savent : l'armée des machines, qui règne désormais sur la planête, a même quelques difficultés à mater la poignée d'irréductibles résistants humains, menés par le charismatique John Connor. Les robots envoient donc l'un des leurs (le Terminator modèle T-800) dans le passé pour tuer la femme (Miss Connor) qui va mettre au monde ce leader de la résistance... habile. Le truc c'est que les humains envoient eux aussi quelqu'un, Kyle Reese, pour défendre Sarah Connor qui pige que couic à ce qui se passe (on la comprend).

     Et ça dépote ! Haletant, bien ficelé, marrant même quelquefois, ce Terminator est mythique et c'est normal. L'intrigue autour de l'interdépendance entre passé, présent et futur est fascinante et les personnages humains attachants dans ce monde en bordel, et animés d'un instinct de survie phénoménal (ils ne font que courir du début à la fin, jusqu'à ce que leur ennemi soit détruit de chez détruit). J'aime.

 

 

Terminator 2, Le jugement dernier, 1991, de James Cameron.

 

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     Les années 80 c'est fini. Sarah Connor a troqué sa choucroute pour un long effilé avec frange. Accessoirement elle est internée dans un asile : elle a dit à tout le monde que la fin du monde arrivait et que les machines avaient envoyé un Terminator du futur pour la tuer. C'en a laissé plus d'un perplexe forcément. Elle prend son mal en patience en faisant des pompes et des tractions histoire de garder la forme (cf image ci-dessus !). John Connor, lui, a bien fini par naître, c'est maintenant un ado de 13 ans placé en famille d'accueil. Une vraie tête brulée qui fonce sur sa mobylette et pirate les cartes de crédit d'autrui, entre autres frasques. Devinez quoi : les machines ne se laissent pas démonter (haha) et envoient un T-1000, un T-800 version acier liquide et polymorphe, pour abattre le gamin. Et les humains, tenez vous bien, envoient un T-800 pour le protéger (le gamin, pas le T-1000). Schwarzy est gentil ! Et ça, bah c'est super marrant comme revirement de situation ! En plus il a trop la classe habillé en motard, assis tranquillement sur une Harley, volant au secours de John, toujours avec cet air impassible.

     Un deuxième volet qui est de loin le meilleur des quatre : le plus original, le plus aboutti, le plus drôle aussi. On y trouve les désormais légendaires scènes où John apprend au Terminator à être plus humain en lui inculquant les rudiments de la tchatche : "Non, tu peux pas dire "affirmatif" ! Tu dis... No problemo. Et quand tu vas régler son compte à un mec, tu le regardes dans les yeux et tu dis hasta la vista baby..."

    Enorme.

 

 

Terminator 3, Le soulèvement des machines, 2003, de Jonathan Mostow.

 

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     John est un jeune homme, Sarah est morte, la guerre entre humains et machines ne s'est pas (encore) déclarée. John a un peu la rage d'ailleurs parce que depuis le temps qu'on lui dit qu'il va être le grand manitou de la résistance, il se dit que si la guerre n'éclate pas bah... adieu destinée grandiose. Bon je vous rassure, c'est pas lui qui va faire en sorte que la guerre éclate, faut pas exagérer (quoique... l'idée aurait pu être exploitée !). N'empêche qu'en attendant, il a effacé toute trace de lui dans les papiers de la société pour rendre la tâche plus compliquée aux machines, ce qui est à la fois malin et triste puisque grosso modo il est condamné à se cacher et être seul. Snif.

     Mais ne vous inquiétez pas ! Cette année un robot ENCORE PLUS PUISSANT va venir pour faire la peau à ce pauvre John qui se languit ! Et la machine prendra cette fois l'apparence d'une femme. Plus cruelle donc (soi-disant). Mais elle est pas très fute-fute : elle aurait pu utiliser ses charmes pour se rapprocher du jeune homme et lui planter un poignard dans le dos, au lieu de ça elle fait autant dans la finesse que les méchants précédents : grosses voitures, gros camions, et vas-y que je fonce dans le tas, que je décroche pas un mot et que je tire à tout va (sa main EST une arme à feu ! C'est nouveau ça !). Et notre T-800 adoré de débarquer une nouvelle fois à la rescousse, plus motard et amateur de lunettes-qui-en-jettent que jamais. Sa mission a une difficulté de plus puisqu'il doit non seulement veiller sur John mais aussi sur Katherine Brewster, future épouse de John.

     Un épisode pas désagréable à regarder mais qui a perdu en finesse psychologique : personnellement je me suis beaucoup moins attachée à ce Connor de 20 ans qu'à sa version en 13 ans. Il est beaucoup moins rock & roll. Dommage. Et Brewster : son fiancé est assassiné au début du film, 24h plus tard elle semble l'avoir totalement oublié. Intéressant.

 

 

Terminator Renaissance, 2009, de McG

 

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     Contrairement aux trois épisodes précédents, nul retour dans le passé au programme : toute l'action se déroule en plein coeur de la guerre entre humains et machines, dans un monde quasiment réduit à l'état de cendres. John Connor est bien devenu le leader spirituel (il y a des autorités au dessus de lui) de la résistance et apprend que les machines ont dressé une blacklist sur lequel il n'apparait qu'en deuxième. Le premier, c'est Kyle Reese, son père. Mais par le jeu des voyages dans le temps, Kyle a bien quinze ans de moins que John ! Il n'est alors qu'un adolescent opiniâtre, résistant de la première heure, qui veille sur L.A avec comme seule équipe une petite fille muette.

     L'arrivée d'un nouveau personnage met du sel dans la soupe : Marcus Wright, condamné à mort en 2005, se "réveille" au milieu de cette guerre sans rien comprendre. Il fait la connaissance de Kyle Reese et sa petite accolyte, et tous trois partent dans l'espoir de trouver John Connor qui "saura quoi faire". Sauf que Marcus a un secret, dont lui-même n'a pas (tout de suite) conscience : il a été modifié par les machines et est désormais mi-homme mi-robot.

     Si les personnages du troisième volet me laissait un peu de marbre, les personnages de celui-ci sont nettement plus attachants. Surtout le duo Kyle/Marcus qui fonctionne pas mal. Mention "bof" pour John Connor, guerillero ultra sérieux. Je n'ai retrouvé le "vrai" John Connor que pendant la scène où il tend un piège à un robot-moto : il l'attire en mettant une grosse radio au milieu de la route avec le son à fond, ambiance ! Mais à part là, aucune trace du personnage espiègle et un peu grande gueule du deuxième volet.

     RENDEZ MOI JOHN CONNOR !

 

nb : pour une critique plus détaillée et/ou un autre point de vue, cliquez ICI (accès à la critique de Terminator Salvation par ArchiCactus, publiée juste après la sortie du film en salle).

 

 

Bonus - intrusion d'un autre Cactus

 

*StarCactus* : Je te terminerai la tête, je te terminerai la tête. Et la tête ? Et la tête...

 

     Avec l'aimable autorisation de Mémo, j'intercale ici quelques opinions personnelles concernant cette série des Terminator.

     Je dois bien avouer que je n'ai pas vu le premier volet. J'ai commencé le par le deuxième avec Mémo et, il est vrai, on s'est bien fendu la poire : une histoire alléchante, de l'action, de l'humour parfois fin, parfois moins. Le thème du voyage dans le temps est récurrent en science-fiction, mais la science-fiction perce rarement au niveau du grand public. Vous voyez le hic ? D'un concept assez intellectuel, qui pourrait ravir dans un premier temps les "nerds" et quelques afficionados de l'action (Terminator 1 et 2), on passe à une débauche d'explosions et de poursuites spectaculaires. De plus en plus de show, un humour de moins en moins fin, et une idée qui perd en profondeur.

 

terminator.jpg


     Evidemment, le changement systématique de tous les acteurs rend l'accroche difficile. Moi, c'est simple, je n'ai pas réussi à  relier les personnages entre eux à travers les films. L'interprétation de Christian Bale en tant que John IV est si différente de celle de Nick Stahl (John III) qu'il n'y a plus de cohérence scénaristique. J'aimais bien John III, faillible, seul, dépossédé de sa vie et, quelque part, de ses émotions (que préfère-t-il entre une vie anonyme dans notre monde et une vie de héros dans un monde en ruine ?). John IV, c'est le Rambo des années 2020. Logique.

     Enfin, ce Terminator IV ne sert pas à grand chose. L'introduction du futur Jake Sully d'Avatar semble vouloir poser la question de la communion hommes/machines mais aussi celle du camp qu'il va choisir. Et là, je me suis rendu compte que jamais, dans les volets précédents, n'avait été abordée la question du pourquoi de cette guerre : pourquoi les machines ont elles attaqué les hommes ? Il est dit dans Terminator 2 que Skynet accède un jour à la conscience puis attaque les humains. Dans Terminator 3, les hommes confient effectivement à Skynet le contrôle de tout le réseau informatique terrestre ou presque. Immédiatement, c'est la panique et les bombes pêtent dans tous les sens. Oui mais...mais...il lui a pris quoi à Skynet ? Il ne s'agit pas d'une réaction de survie, il n'a pas été attaqué préalablement par les hommes. Non non, c'est une conscience qui, dès son éveil, ne se complait que dans la pulsion meurtrière totale, vicieuse et douloureuse si possible.

    Moi, j'aurais bien aimé l'apparition d'une simple question (et pas forcément la réponse) : les hommes méritaient-ils de rester les maîtres de la planète ? Skynet, au fond, n'a-t-il pas découvert que c'est son existence à lui qui est la plus légitime ? Ne cherche-t-il pas à construire un monde meilleur en détruisant la race humaine ? Bien que les robots glissent d'atrocité en atrocité, ne pourraient-ils pas être les "gentils" de l'histoire ?

     Aller, je rend l'antenne.

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 12:29

*StarCactus* : tomber sous le charme ///

 

affiche-Harry-Potter-et-les-Reliques-de-la-Mort-1ere-partie

 

     Beaucoup d'entre nous auront oublié que le premier tome des aventures du jeune wizard est paru en 1997, 1998 en France. Il a fallu attendre le 21 juillet 2007 pour que nos petits doigts empressés parcourent frénétiquement les pages des Deathly Hallows et découvrent les secrets contenus par ces "reliques de la mort". Et trois années de plus pour que cette dernière aventure soit mise en scène au cinéma. Annoncé comme le blockbuster de l'année, l'événement cinématographique d'une génération, ce début de la fin est plein de promesses. Mais David Yates, déjà réalisateur des cinquième et sixième opus, semble avoir enfin déterminé l'alchimie parfaite pour produire une adaptation de très grande qualité. Rideau !

     Harry Potter a décidé qu'il ne retournerait pas à Poudlard : la mort du professeur Dumbledore et la découverte de la puissance du mage Voldemort décide le trio mythique à s'enfuir dans les contrées anglaises pour trouver et détruire les Horcruxes. Paralèllement (comme quoi les intuitions n'sont pas si bêtes), le monde de la magie est en grande détresse. Les Mangemorts renversent le ministère, dont la principale occupation est désormais de traquer les sorciers nés de parents moldus et de couvrir les meurtres perpétrés par la  macabre bande du Lord.

 

     Bien que l'on sache que l'atmosphère va encore s'assombrir, cette détresse est perceptible dès le début du film. L'ouverture, qui tranche avec celle des précédents opus, voit une des quelques scènes imaginées par le réalisateur. Profondément émouvante, elle n'est que suggérée dans le livre de J.K. Rowling. Le film commence en effet dans la chambre d'Hermione, chez ses parents. Visiblement en souffrance, elle rejoint néanmoins ses parents et, avec détermination, pointe sur eux sa baguette. Sur fond d'une bande originale poignante (composée par Alexandre Desplat), la jeune femme efface son existence de leur mémoire, pour les protéger. Son père et sa mère ont le regard vide tandis que chaque souvenir disparaît, que chaque cadre photo où elle apparaît s'estompe dans un flou, que son image s'éteint complètement. Les Dursley s'enfuient de chez eux. Ron couve d'un regard nostalgique les champs qui entourent sa maison. Sans préambule, l'ambiance nous happe.

     Le jeu des acteurs s'est beaucoup amélioré au cours des différents films. Cette fois encore, on sens un net progrès comparé au Prince de sang-mêlé : même si son personnage reste toujours à fleur de peau, Emma Watson nous propose une Hermione sincère, forte et fragile à la fois. Daniel Radcliffe est un peu laissé en arrière au début, mais il rattrape ses compères assez rapidement dans le film, surtout dans la dispute qui l'oppose à Ron. Quant à Rupert Grint, justement, c'est une remarquable performance : l'acteur prend toute son envergure, enfin drôle, mais surtout dévoilant la complexité qui se cache derrière le personnage de Ron, ses angoisses, son courage, sa grande fidélité, ses faiblesses, ses sentiments pour Hermione. Je dois dire que leur proximité amoureuse est, à mon sens, encore plus sensible dans cette adaptation que dans le livre : que dire ? Le réalisateur a trouvé la bonne tonalité.

     Peut-être aussi que cet arc sentimental était parasité par l'intrigue principale du bouquin, massive et grave. Mais dans un film, cette intrigue est forcément réduite au profit d'une visualisation qui met en valeur certains autres aspects de l'histoire. Il faut toutefois remarquer que Les reliques de la mort est probablement la meilleure adaptation de toutes. Bien sûr, le fait d'avoir coupé l'opus en deux n'y est pas pour rien, mais finalement c'est gagnant-gagnant : la production empoche le double et les spectateurs (qui ont déboursé le double, certes) ont le plaisir d'assister au déroulement de pratiquement toutes les scènes du roman. Quelques variations sont évidemment au rendez-vous, mais le respect global de l'oeuvre est étonnante. D'ailleurs, certains autres aspects secondaires de l'intrigue, comme la vie de Dumbledore, seront peut-être explorés dans la deuxième partie. Vous vous souvenez du premier film ? Quand les acteurs avaient vraiment onze ans ? Les dialogues du livre étaient parfois respectés au mot près. Et bien c'est également le cas ici, pour notre plus grande satisfaction. Je m'adresse ici aux grands adorateurs de Harry : si le passage au 12, square Grimmauld dure deux minutes seulement, si la réapparition de Dobby ne correspond pas tout à fait à l'explication de Rowling, si la fuite des "sept Potter" ne se termine pas chez les parents de Tonks mais directement chez les Weasley, l'atmosphère très bien rendue de ces scènes supplante de loin les détails scénaristiques.

 

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     La photographie des Reliques de la mort est un peu moins spectaculaire que celle du précédent film. Je me souviens encore de certaines images très fortes, très belles, dans Le Prince de sang-mêlé, qui ne sont plus vraiment là, au profit peut-être de très beaux paysages, d'une photographie plus "naturelle", moins spectaculaire mais plus majestueuse, qui retranscrit la solitude du trio, perdu dans les landes froides de Grande-Bretagne. A souligner, l'incroyable séquence d'animation qui illustre la narration du Conte de Trois Frères, en rupture totale avec tout ce qu'a été Harry Potter jusque là, et qui n'en est que plus percutante. Une réalisation performante qui mêle action, suspens, et scènes poignantes, comme celle de la "danse sous la tente" après le départ de Ron : je n'en dirai pas plus, on aime ou on déteste, mais il faut voir. Il faut aussi noter un humour plus frais, plus fin que dans les films précédents, plus nostalgique aussi : on sent que les personnages cherchent à recréer les bribes d'une jeunesse perdue et, en conséquence, qu'ils sont projetés dans un monde plus adulte et très (TRES) violent. Il n'y aura pas une image de Poudlard dans ce film. Tous les rouages de David Yates ont mené jusque-là : nous ne sommes plus à l'école et, pour reprendre les paroles de Harry dans L'Ordre du phénix:

 

"Si on échoue à l'école, ce n'est pas grave, vous allez dormir et vous réessayez le lendemain. Mais dans le monde réel, vous mourez, vous voyez vos amis mourir."

 

    Pour conclure, je ne saurais que trop vous conseiller d'aller voir ce début de la fin, même à vous, fans de première heure. David Yates et son équipe sont parvenus à retranscrire un drame étonnant de sincérité, à mon goût, ce qui est d'autant plus difficile que l'on évolue dans le domaine ambigu du fantastique. Assimilant le livre avec beaucoup de justesse, on perçoit néanmoins la touche subtile du réalisateur comme des acteurs, après les diverses hésitations des films précédents. C'est une English touch qui scintille au dessus des blockbuster hollywoodiens de base.

 

Devant ce film, j'ai aimé grignoter : des rouleaux de réglisse. So dark...

Je l'ai vu avec : une bonne copine, cramponnée à mon bras aux moments de suspens.

Mon état d'esprit en sortant : à votre avis ?...Hystérie totale en attendant la suite.

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 21:41

MémoCactus - Des capes et des épées >>>

 

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     Vous aimez la littérature de divertissement mais en avez assez des jeunes sorciers, des vampires et autres personnages issus de fictions à la mode ? Vous cherchez quelque chose à lire qui soit à la fois captivant et riche littérairement parlant ? Vous voulez du dépaysement, vous voulez voyager, vous évader du quotidien morose de ce 21ème siècle ? Je crois que j'ai ce qu'il vous faut. Bienvenue chez Théophile Gautier, qui a composé rien que pour vous une histoire de capes et d'épées ébouriffante, destinée aux adolescents autant qu'aux adultes.

 

     Le Baron de Sigognac est le dernier descendant d'une noble lignée ruinée et sur le point de s'éteindre : il habite, au milieu du 17ème siècle, les ruines du château de famille avec pour seule compagnie celle de son unique serviteur (et ami), de son chien, son chat et son cheval. Chaque jour de sa vie est une lutte pour survivre au milieu de l'ennui qui l'écrase. Mais son destin n'est pas d'attendre la mort sans rien faire : un soir, une troupe de théâtre dont le charriot s'est embourbé à coté du château, frappe à sa porte et demande l'hospitalité. Touchés par l'histoire de ce noble déchu, les comédiens le convainquent de les accompagner à Paris, où il aurait alors une chance de relever sa maison en obtenant une faveur du roi.

     Commence alors une série de péripéties qui se recoupent les unes les autres pour former un tout d'une grande intensité narrative, à la fois variée et cohérente. Pièges tendus par des brigands, tempêtes hivernales, représentations théâtrales au fond des granges, histoires d'amour, duels pendant lesquels on retient son souffle, sont autant d'évènements qui participent à la construction de la trame de fond. Une galerie de personnages secondaires et tertiaires viennent ajouter un supplément d'âme à la fresque : mention spéciale pour le duo hors du commun composé par Agostin et sa petite accolyte de 12 ans Chiquita, voleurs et vagabonds, à la fois ultra-violents et nobles de coeur. On aime les voir surgir dans le roman à diverses occasions parfois très inattendues. Ils mettent une "ambiance de ouf" dans les pages du Capitaine Fracasse ! Ils sont sans foi ni loi, romanesques, passionnés, fous. Agostin manie la navaja (sorte de sabre espagnol) comme personne et Chiquita se glisse partout telle une couleuvre, dérobant les bijoux et traquant les secrets.

     Autre personnage qui vaut son pesant d'or : le Duc de Vallombreuse. Beau à se damner, jeune, arrogant et cruel, dueliste hors-pair, il va devenir le grand adversaire du Baron de Sigognac, devenu Capitaine Fracasse au sein de la troupe de théâtre qu'il accompagne. Tous deux rivalisent d'adresse à l'épée, mais le Capitaine Fracasse gagne sur le terrain de l'âme : il est humble, juste, loyal, courageux et audacieux, fervent défenseur de la vertu et de la dignité. En face de lui, Vallombreuse est mauvais, sans pitié, belliqueux, mais pas dénué de courage et d'audace non plus, ce qui fait de ces deux personnages un duo-duel passionnant à suivre.

     Je ne peux pas ne pas parler de la richesse de la langue utilisée par Gautier et mise au service de ces cliquetis d'épées et de ces élans de courage qui fusent du coté des bons mais aussi des méchants. Phrases alertes, rythme trépidant nuancé par des phases descriptives qui n'ennuient pas (je le jure). Sans compter cette fabuleuse ôde au théâtre et au métier de comédien qui nous ouvre les portes du quotidien d'une troupe comme il devait y en avoir beaucoup à cette époque.

 

     Précipitez vous sur ce roman que l'on croit d'hier mais qui est en fait furieusement d'aujourd'hui, ou qui gagnerait en tout cas à l'être : amour, amitié, loyauté, courage, ambition, espoir, humilité mais aussi aventures, suspense, humour (si si ! beaucoup !). Il y a tout dans Le Capitaine Fracasse :-)

     Un trésor d'évasion en même temps qu'une leçon sur les valeurs, les vraies. Une bouffée d'air frais qui vient non pas d'une nouveauté littéraire mais bien du passé.

     Une merveille comme on n'en fait plus.

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Littérature
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 22:10

MémoCactus - I don't blame Coco Summer >>> 

 

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     Grosse claque. Du vrai, du bon son. C'est recherché, abouti, sophistiqué mais aussi fun, mélodieux, accessible. Un bon mélange d'exigeance et de "on se lache", I blame Coco nous fait plaisir et ne nous prend pas pour des idiots. J'écoute le disque en boucle et c'est drôle de voir tout ce qu'on y trouve : électro, pop, rock, et même dub, le tout servi par la voix étonnante de Coco Summer, "fille de" (celle du chanteur Sting) qui a de la suite dans les idées, et du style. Indéniablement. Une voix assez grave pour une fille qui a... comment dire... un accent adolescent. Et ça en jette !

 

 

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Musique - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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