Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 17:51

MémoCactus - Sublime imposture >>>

 

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     Elle est très âgée, elle appartient à la plus haute aristocratie anglaise, ses enfants sont évêque, patron d'une grande banque, homme politique etc. Le jour de ses 80 ans, Lady L décide de tout avouer à son ami Percy, poète lauréat aussi vieux qu'elle et premier de ses fans. Mais avouer quoi ? Avouer qu'elle ne descend pas, contrairement à ce que tous croient, de la plus prestigieuse noblesse du Royaume-Uni. Qu'elle est l'enfant d'une lavandière qui s'est tuée à la tâche et d'un ivrogne anarchiste.  Qu'elle a été repérée et recrutée par une poignée de révoltés en raison de son incroyable beauté. Qu'elle a été introduite dans le saint des saints dans le but d'accomplir une mission que lui ont confié ses amis anarchistes, Armand Denis à leur tête. Détruire la richesse de l'intérieur. Qu'elle a aimé passionnément cet Armand Denis, qu'elle l'a aimé même à la folie, jusqu'à commettre l'irréparable.

 

     Roman d'une imposture géante, celle d'une vie entière. Un sujet fort, mais raconté d'une façon un peu... sage. Tandis que la vérité est progressivement révélée au lecteur ainsi qu'à ce pauvre Percy qui pâlit et frissonne d'effroi devant la trahison, j'aurais voulu davantage de fougue dans l'écriture, une écriture à l'image de son sujet ! Une écriture pleine de surprise, impitoyable, qui ne se soucie pas des conventions. Ici nulle audace, nul drame dans la manière d'étaler les phrases. La seule vraie réussite réside selon moi dans les moments où il est difficile d'identifier le basculement qui s'opère entre le récit au présent (Lady L à 80 ans) et les retours dans le passé : tout se fond, tant et si bien que de longs passages sont à la première personne, nous faisant oublier que la majeure partie du roman est à la troisième personne.

 

     Un roman néanmoins pas désagréable à lire, dont la trame est fondée sur un fait divers : nul ne sait comment Armand Denis, leader charismatique d'un mouvement anarchiste du début du XXe siècle, est mort. Le romancier a imaginé à partir de ce mystère un scénario possible, romanesque dans son fond, mais pas suffisamment dans sa forme.

 

nb : sur la photo, la sublimissime Grace Kelly, roturière qui épousa un prince. Pas pour les mêmes raisons que Lady L, certes, mais je trouvais que cette photo pouvait illustrer assez bien l'idée du roman. La beauté de Grace, la profondeur de son regard (moins innocent que sur bien d'autres portraits d'elle), peut composer une représentation crédible de ce qu'a pu être Lady L dans sa jeunesse...

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Littérature
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