Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 22:36

MémoCactus - Humains pour le meilleur et pour le pire >>>

 

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     Le zéro absolu est la température la plus basse qui puisse exister dans l'univers. C'est la température minimale asymptotiquement. Elle est théorique et inaccessible. En tendant vers le zéro absolu, les molécules d'un corps tendent vers un état d'énergie minimale. (source Wikipédia merci !)

 

     Il est amusant de constater que celui qui a choisi de s’appeler « Zéro absolu », au lieu de « tendre vers un état d’énergie minimale », déploie précisément une énergie folle sur scène : homme orchestre des temps modernes, performant seul tous ses morceaux grâce à une vaste série de samples, il virevolte entre guitare et basse, entre clavier et drums pad. Il se baisse, se relève, tourne à droite, retourne à gauche, attrape le micro pendant qu’il règle tout un tas de trucs (pardonnez mon ignorance technique) et de pédale en pédale, la magie se fait.

     De longs passages instrumentaux qui se construisent et se déconstruisent progressivement, sur lesquels se superposent des voix. Des textes (de l’artiste) racontés par d’autres, ou bien par lui-même, en direct. Ce sont tour à tour des chuchotements, de la poésie parlée type slam, une mélodie envoutante, des cris chantés, mais chaque fois la même énergie. L’énergie du désespoir ? Pas sûr. Il est vrai que les textes et les thèmes musicaux n’invitent pas vraiment à l’optimisme :

 

…L’ego est partout…

…J’écris pour trois personnes mais j’aimerais bien avoir ma gueule dans Télérama…

…La facilité qu’on combat, ou qu’on ne combat pas, la télécommande qui est plus ou moins loin du fauteuil. Des collégiens te rigolent à la gueule. C’est normal. On mange ce qu’on nous donne, on voit plus tard les dégâts de l’alimentation. Pour la tête, c’est pareil. Qui votera demain ? Le rap l’a dit : tous des cons. Alors si le rap l’a dit…

…La vérité sort de la bouche des enfants, et de leurs parents… qui leur disent quoi dire.

…Moi j’ai vu les Marlboro du petit, une haleine de pompier, à 13 ans. Mais bon. Les parents lui offrent quand même un nouveau portable et la nouvelle sensation playstation, il adore tellement les jeux de stratégie…

…Je ne suis pas une île, je suis un recoin de campagne pourri avec un tuyau d’usine d’épuration qui se déverse dans un de mes ruisseaux. J’aimerais être une île, une île dont on ne repart pas, même pas moi…

 

(extrait de « Il déserte », sur l’album Du vide au néant)

 

     Pendant que ces mots défilent dans nos oreilles, des images sont projetées sur un écran derrière l’artiste. Le soleil se lève sur des voies ferrées, une biche dresse l’oreille lorsqu’on diffuse de la musique dans la forêt, une jeune fille se baigne dans une piscine. De jeunes femmes se déshabillent. Un gamin porte un agneau dans ses bras, un chat noir marche dans la neige en pleine nuit sous un lampadaire, des enfants courent sur la plage. Un avion, par le miracle du montage, hésite à décoller.

 

                                 zero-absolu-dans-les-bras-de-morphee.jpg   zero-absolu-du-vide-au-neant.jpg

 

     Au début, ça fout un peu le cafard… ambiance musicale dark, propos qui nous font sentir minable. Et puis quelque chose se passe… oui les Hommes sont parfois lâches et bêtes (passage d’un vieil enregistrement où Jacques Brel parle de la « bêtise » des gens), ils font rarement les bons choix et détruisent ce qui les entoure. Mais il leur arrive aussi d’avoir des élans de respect les uns envers les autres et envers le reste du monde, il leur arrive de savoir apprécier la beauté et de se mettre à son service, et finalement on est partagé entre la honte d’appartenir au genre humain et la fierté d’en être.

 

     Zéro Absolu est certes beaucoup dans la dénonciation, dans le « j’appuie là où ça fait mal », mais je suis intimement convaincue que c’est davantage dans une perspective d’espoir, l’espoir de faire réaliser aux gens une vérité pas toujours facile à entendre. Une perspective d’espoir aussi parce que l’univers musical de Zéro Absolu est bien plus riche qu’épuré, il n’est pas nihiliste, loin de là. Il est beau le son de Zéro Absolu. Il est à la fois doux et puissant, chaud et froid, lent et rapide.

 

     Zéro Absolu c’est le genre humain en pire et en mieux. C’est le genre humain dans ce qu’il a de pire et ce qu’il est de meilleur. Et d’ailleurs, quand vous venez parler à l’artiste, c’est un type souriant qui vous répond.

 

Le misanthrope était donc aussi aussi un humaniste…

 

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Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Musique - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 16:14

MémoCactus - A lonesome cowboy >>>


     Jim est mort et George, quinquagénaire classieux et prof de lettres, sent l'envie de vivre le quitter : difficile de tirer un trait sur la vie qu'il a eue avec son compagnon pendant pas moins de seize ans. A l'extérieur, George reste impeccable : costumes repassés, cheveux gominés, lunettes ajustées. A l'intérieur la dévastation, la douleur qui ne le quitte pas (lui valant d'ailleurs des moments "d'absence"), le désir peut-être d'arrêter de lutter aujourd'hui, le désir d'arrêter de faire semblant de vivre.
   
     Je suis d'accord pour dire que Tom Ford signe ici un film à la photographie superbe. On navigue entre des images proches du sépias voire du noir et blanc, et d'autres dont les couleurs frôlent la saturation. Les changements de tons se font non pas d'un plan à l'autre mais à l'intérieur même des plans, ce qui donne à la mise en scène une force à ajouter à celle que donnait déjà le travail sur le cadrage, particuièrement réussi.
     Les acteurs sont parfaits, Colin Firth en premier. Rien qu'à l'angle qu'il choisit de donner à son regard ou à la discrête contraction de sa machoire, une émotion nait, palpable. Les sentiments se succèdent sur ce visage qui ne change pourtant presque jamais : le tour de force de l'acteur est de parvenir à faire porter à George le masque du désespoir et de la lassitude, et d'y superposer d'autres expressions sans jamais quitter ce masque.

 

a single man

   

     Certaines choses nuisent pourtant à ce film que j'estime beaucoup cependant. La musique (plusieurs morceaux brodés autours d'un même thème) est trop présente et rajoute à certaines scènes un supplément de mélodrame totalement inutile. Comme pour nous dire "voyez un peu comme c'est triste, terriblement triste". Oui merci on sait. Ou alors "voyez un peu comme c'est beau quand les personnages échangent des réflexions métaphysiques sur la vie/la mort", ce qui m'amène précisément à l'autre reproche que j'ai à faire : trop de discussions sentencieuses qui cherchent à "faire profond". Un peu ça va, une réplique sur deux c'est beaucoup (trop). Le film pourrait être aussi puissant sans ce surplus de "psychologisme".
    

     Une scène tranche d'ailleurs radicalement avec tout le reste : George, à la banque, s'assoit dans un fauteuil pour chercher quelque chose dans sa sacoche lorsqu'une gamine affublée comme Alice au Pays des Merveilles vient lui toucher deux mots au sujet d'un scorpion qu'elle trimballe dans un bocal appelé Colisée, et sur lequel son frère a dessiné des colonnes romaines. Je ne vous dévoile pas toute la substance de la conversation, qui est bien sûr davantage que ce qu'elle semble être... Un moment qui s'inscrit dans la narration comme une hallucination, presque plus que les flash-back sur la vie de George du temps de Jim, et qui fait de cette scène ma préférée. Elle est importante car elle n'est pas comme les autres, et elle fait d'autant plus ressortir la substance du reste du film : une échappée selon moi tout à fait nécessaire.

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 23:44

MémoCactus - Fais gaffe t'as la grosse tête >>>

 

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     Tout d'abord, Megamind est bleu. Donc il ne PEUT PAS ETRE totalement méchant. Preuve en est par le flash-back du début : c'est un mignon bébé qui vient d'une autre planète et qui n'a pas eu le temps de bien comprendre la mission qui lui était assignée. Dans le doute, et vue la concurrence (celle du super-héros-parfait nommé Metroman), il décide qu'il doit incarner... le Mal. Son Mal à lui c'est un Mal de bricolage : petits robots, gros robots, fumigènes, et surtout plans foireux (passage hilarant d'un ratage total à cause d'un ordinateur qui rame un peu, devant les yeux attentifs de tous les habitants de Metrocity). Qu'importe, il ne se lasse pas d'affronter son rival bien rasé et tout de blanc vêtu jusqu'au jour où, ô miracle, il le vainc ! Metroman n'est plus alors qu'un cadavre en cape blanche.

     Megamind et son accolyte Minion (Nounou en français) savourent un moment la victoire, mais bientot l'ennui les gagne. Qu'à cela ne tienne, ils créent un nouveau super héros contre lequel se battre. Problème : le héros censé incarner le Bien (un "ado" de 28 ans, geek et pas franchement finaud) retourne sa veste et menace de tout détruire.

 

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     Une idée amusante, un scénario dont les plus petites péripéties sont les plus drôles (passage avec Bernard, bibliothécaire misanthrope), même si le scénario dans l'ensemble est pas mal. Une panoplie de répliques qui font mouche, un atout charme (Roxanne Ritchi, cheveux très courts, so 2010), et il faut voir Minion mourir (enfin... faire semblant).

 

Je terminerai en disant :

- que pour le coup la 3D ne sert pas à grand chose. Allez quelques passages font leur effet mais c'est un faible pourcentage sur la durée totale du film,

- que la bande son est une réussite : nombreux morceaux rock, choisis par Megamind lui-même pour ses entrées en scène ;-) Ambiance garantie !

Par Les Cactus, qui s'y frotte critique. - Publié dans : Cinéma - Communauté : LA DERNIERE SEANCE
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 22:05

MémoCactus - Bricolage artistique >>>

 

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     REHAB, comme son nom l'indique, est une ôde au recyclage, pour l'écologique, et à sa soeur jumelle la récupération, pour l'artistique.

     De vieux pneus, du carton, de la mousse, des structures de chaises, des déchets. Beaucoup de déchets. Et beaucoup de créativité ! Ici un arbre touché par la foudre, plus vrai que nature, là une forêt que l'on dirait infiniment profonde et qui ne l'est pourtant que d'une vingtaine de centimètres, là des installations acrobatiques pour des effets impressionnants (travail de Steve Lyons)...

     Une visite ludique mais aussi informative : projection notamment d'un documentaire de Mierle Laderman Ukeles qui montre à quel point le travail des éboueurs (cas de la ville de New York) est capital pour le bon fonctionnement de nos sociétés.

     J'ai passé un agréable moment à fureter et tourner autour des oeuvres, regarder les explications et être surprise très souvent par la révélation des secrets de fabrication. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas plus d'oeuvres présentées. On en fait assez vite le tour et on reste un peu sur sa faim.

     Une petite sortie que je recommande néanmoins ! C'est gratuit, facile d'accès (Paris, ligne 12, station Sèvres-Babylone), et original !

 

palmier-pneu.JPGDouglas White - Icarus Palm

2006 - Pneus, métal

 

{Toutes les infos pratiques ICI}

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